La grotte de Lourdes de Bréal-sous-Montfort
Dernière mise à jour : 4 mai 2026
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Sommaire
- 1 Visite de la grotte
- 2 L’édification de la grotte
- 3 Les motifs de la construction d’une grotte
- 4 La grotte, un des centres de la vie religieuse à Bréal
- 5 Une statue pour le Père de Montfort, missionnaire de la dévotion mariale
- 6 Annexes
- 7 Bibliographie et sources
1 Visite de la grotte
Près du carrefour de la mairie, placé au fond d’un petit jardin fleuri, se dresse un monument confectionné d’énormes blocs de pierre. Au centre de la façade, une niche abrite la statue de la Vierge. Elle a été restaurée en 2018 par un artiste et artisan peintre bréalais, Henri Berrée. Un socle de pierres de poudingue rouge était jadis l’emplacement de la statue de Louis-Marie Grignion (1673-1716), Bienheureux de Montfort depuis sa béatification. Un chemin conduit dans une grotte dont les parois sont constellées de tablettes votives gardant le souvenir d’un proche défunt ou encore de Louis-Marie Grignion. Des fleurs et de bougies y sont constamment renouvelées. Sur la droite de la grotte, un petit couloir est muré au fond.

2 L’édification de la grotte
Cette imitation de la grotte de Lourdes fut édifiée en 1876 à l’entrée du bourg à l’est, à l’opposé du bâtiment de la mairie qui abritait l’école publique des garçons en son rez-de-chaussée. Avec l’église et le nouveau cimetière à l’ouest, deux pôles religieux cadraient ainsi le bourg.
2.1 La documentation
Quatre documents nous renseignent sur les circonstances locales de la mise en place de la grotte. En août et en septembre 1876, l’organe diocésaine La Semaine religieuse du Diocèse de Rennes publia une annonce, puis une longue lettre envoyée par un auteur anonyme signant « Un de vos abonnées ». Les deux textes avaient pour sujet l’inauguration et la bénédiction du rocher ou de la grotte dédiée à Marie, la mère de Jésus selon le Nouveau Testament, invoquée par plusieurs de ces nombreux titres, la Vierge Immaculée, la Très-Sainte Vierge, Notre-Dame de Lourdes, Auxilium Christianorum « Secours des Chrétiens ». La longue lettre fournit un certain nombre de détails concernant les mobiles et les circonstances de l’édification de ce sanctuaire ainsi qu’une longue description détaillée de la journée de son inauguration et de sa bénédiction.
Une brève notice écrite entre 1910 et 1912 qui s’appuie sur une page du Livre de Paroisse [de Bréal-sous-Montfort] non datée, est précieuse car elle mentionne le groupe de personnes ayant initié ce projet. Il s’agit de la famille Mallet, dont l’un des membres, « le chef de famille » dans les termes de l’époque, était Jérôme Mallet, notaire, ancien maire de Bréal, et conseiller municipal à ce moment-là. Ce notable bréalais avait envoyé des correspondances en 1863 et en 1870 à deux journaux politiquement fortement caractérisés, Le Journal des Villes et des Campagnes et L’Univers. Ces deux journaux défendaient des positions légitimistes et cléricales, prônant la restauration de la monarchie associée à l’Église. Ces correspondances contribuent cependant à se faire une idée du contexte religieux et politique à Bréal dans ces années-là. Il n’est pas impossible que la lettre adressée à La Semaine religieuse soit sortie de la même plume. Ce qui rend possible d’attribuer ces textes au même auteur, c’est leur style de langage très châtié et des idées non seulement religieuses, mais aussi politiques qui sont exprimées sans ambages dans les textes de 1863 et de 1870, sous un voile plus poétique dans celui de 1876. Enfin, les personnes à Bréal maîtrisant l’écriture à ce point devaient être peu nombreux. Le lecteur intéressé trouvera l’intégralité de ces textes à la fin de cet article dans les annexes.
A peu près à la même période que la notice bréalaise, en 1911, l’abbé Henri Chasle, aumônier de Saint-Laurent de Rennes, a rédigé une étude assez longue consacrée au Culte de la sainte Vierge dans le diocèse de Rennes pendant le XIXe siècle. Dans cet article, il consacre un passage assez long à la description et la bénédiction de la grotte de Bréal comme la première de ce genre de construction en Ille-et-Vilaine. Il est probable qu’il s’est inspiré de la lettre parue en 1876 dans la Semaine religieuse. A ce titre, l’abbé s’est trompé ou a négligé un passage, car l’auteur anonyme de la lettre exprime clairement que
La paroisse de Montauban, enrichie elle déjà d’un rocher et d’une statue de N.-D. de Lourdes, avait voulu fraterniser avec Bréal et avait délégué un chœur choisi d’hommes et de jeunes filles.
L’existence de ces documents était apparemment inconnu, en tout cas pas pris en compte dans une publication concernant l’histoire locale. Les auteurs de Un certain passé de Bréal en 1989 attribuaient l’édification des grottes en général (et même les pèlerinages à Lourdes) à la période suivant la chute de Napoléon Ier, la Restauration, et le règne de Louis XVIII (1815-1824). On verra par la suite que cette datation est impossible.
2.2 Quelle est la première grotte bretillienne ?
Effectivement, l’édifice montalbanais a été achevé un an avant, en 1875. Cependant, il paraît, comparé au monument bréalais, beaucoup plus modeste. C’est peut-être la raison pour laquelle l’abbé la cite quelques pages pages plus loin presque à la fin de la série de présentations de grottes et sans la dater avec la formule « Mentionnons encore la grotte de Lourdes érigée sur une place plantée d’arbres auprès de l’église de Montauban ». En ce qui concerne la grotte de Gennes à l’extrémité est du département, sa date de construction est placé au 3e quart du XIXe siècle.
Dans son article, l’abbé Chasle fait également la démonstration de l’importance et de la variété des pratiques en l’honneur de Marie dans le département. C’est ce qui confirmait sur le plan local l’auteur de la notice bréalaise qui intégrait désormais la grotte dans ces pratiques :
N. D. de Lourdes est très vénérée dans la Paroisse ; on se rend à la grotte dans la procession de la fête Dieu et de la mi-août, on y va quelques fois processionnellement réciter le chapelet dans le temps de calamités.
La grotte de Bréal se trouvait donc dans relativement seule dans sa zone géographique, notamment à une période où on se déplaçait même à distance encore souvent à pied, où, si on en avait les moyens, en voiture à cheval. Une fois les habitudes et la tradition installées, l’attirance de la grotte de Bréal s’exerçait encore en 1943 aux « fervents » venant des communes d’un large secteur autour de Bréal pour participer à un pèlerinage le 5 septembre avec « bénédiction des malades » et où « une place spéciale sera réservée aux malades qui pourront être transportés ». Des pèlerinages féminins avaient lieu entre avril et juillet 1944, c’est-à-dire quelques semaines avant la Libération de la Bretagne début août. D’après l’annonce, le choix pouvait se faire entre dix-sept sanctuaires dédiés à Notre-Dame, pas seulement des grottes, dans le département. Bréal fut l’un de ces lieux, le plus proche des autres étant Montfort. Les autres étaient à une trentaine de kilomètres de Bréal, Maure, Saint-Malo-de-Phily, Montauban, Bécherel et Lieuron ou beaucoup plus loin.

2.3 Les Mallet, initiateurs de la grotte
D’après le document local, l’initiative pour la grotte venait de la famille Mallet :
C’est la famille Mallet, qui, avec le concours de la population de Bréal, a élevé un rocher en l’honneur de la T.-Ste Vierge Marie.
Jérôme Mallet était un notable de par sa profession, notaire à Bréal, et par ses fonctions, maire de cette commune de 1855 à 1863, conseiller municipal entre 1874 et 1888.
Une longue lettre envoyée début septembre 1876 à La Semaine religieuse du Diocèse de Rennes par une personne souhaitant rester anonyme qui signait Un de vos abonnés, fait comprendre que l’origine du projet remonte pour l’essentiel à un seule personne, donc à Jérôme Mallet, à même de trouver la compétence technique nécessaire en la personne d’un entrepreneur et de mobiliser au moins une partie de la population bréalaise, l’auteur soutient que c’était « toute la population ».
Il est fortement probable que l’auteur de la lettre, Un de vos abonnés, était Jérôme Mallet, que « un habitant de Bréal » et le « chrétien fervent » désignent son alter ego.
Ainsi, le projet était né « dans le cœur d’un habitant de Bréal » que « la foi avait inspiré ». La grotte a pris forme, « grâce au zèle persévérant de la famille qui en avait conçu l’idée, grâce à l’habile direction d’un entrepreneur intelligent et chrétien, grâce au concours généreux et désintéressé de toute la population ». Cette idée est répétée à la fin du texte : « le chrétien fervent qui a trouvé dans son cœur assez de foi pour concevoir une entreprise aussi hardie, et dans son courage assez de zèle et de générosité pour la réaliser ; […] la paroisse qui s’est associée à son œuvre avec un si unanime empressement ». En ce qui concerne le coût ou le financement, le texte ne fournit qu’un indice quand il décrit amplement la bannière de la procession « acquise à l’aide d’offrandes spontanées de quelques âmes généreuses ». Les donateurs ne semblent donc pas avoir été très nombreux en ce qui concerne cet objet.
L’anonymat explique éventuellement que l’abbé Chasle ne fait aucune mention des acteurs, alors que dans son article, quand il juge nécessaire de consacrer plusieurs lignes à une grotte, il cite avec leurs noms les abbés ou nobles bienfaiteurs, si ce n’est l’œuvre de « la bonne volonté et du dévouement des paroissiens » de Bains.
Jérôme Mallet possédait une quarantaine de parcelles dans le bourg et à la campagne de Bréal entre 1859 et 1888, son départ probable à Rennes. La parcelle 246 près de l’actuelle rue Jeanne-d’Arc était encore une terre agricole en 1824 quand le plan a été dessiné. La maison de Jérôme Mallet ainsi qu’une buanderie établies sur cette parcelle sont attestées au cadastre dès 1866. Les deux parcelles 265 et 267 sur une terre nommée Courtil Maligne lui appartenaient en 1867. C’est sur la dernière de ces deux parcelles que la grotte fut installée. Fallait-il conjurer ce que son nom, Maligne, pouvait inspirer ? Il paraît donc probable que la famille Mallet l’eut mis à disposition. Le petit couloir à droite de la grotte, aujourd’hui muré, permettait à la famille d’accéder depuis leur jardin directement au sanctuaire. D’après un Bréalais, le muret bordant la route était, il y a très long temps, rehaussé d’une barrière en bois.
D’après différentes cartes postales, la clôture a dû avoir été modifiée à plusieurs reprises : muret en pierre sèches, parfois doublé d’une haie ou bien surmonté d’un grillage et de poteaux en béton… Si aujourd’hui, la roche est apparente sur l’ensemble de la façade, elle était plus ou moins envahie de végétation à certains moments. Actuellement, la parcelle et la grotte appartiennent à la commune.

Si l’édification de la grotte générait d’autres dépenses n’est pas connu, ni qui les a supportées le cas échéant. La bannière de N.-D. de Lourdes « portée par les jeunes filles en écharpes bleues » lors de la procession le jour de la bénédiction le 27 août 1876 fut « acquise à l’aide d’offrandes spontanées de quelques âmes généreuses ». L’annonce dans La Semaine religieuse précisait qu’« une belle statue de Notre-Dame de Lourdes, sortie de la maison Raffl » devait décorer la grotte. Les sources ne disent pas qui a contribué à son financement, s’il s’agissait d’un don d’un ou plusieurs particuliers, d’une somme collectée lors de la quête à la messe etc.
L’entreprise Raffl & Cie, spécialisée dans la fabrication d’ameublement et de décoration d’églises était d’un grand renom. Elle savait mettre à son profit la multiplication des cultes dédiés au Sacré-Cœur et à la Vierge Marie. Ce phénomène se renforçait à la suite de la défaite de la France lors de la Guerre franco-prussienne en 1871-1872. Sa réputation permettait à Raffl d’établir une collaboration fructueuse avec le sanctuaire de Lourdes. L’entreprise y plaça en effet une statue de Notre-Dame de Lourdes sur l’esplanade de la basilique des Rosaires. Su ce modèle, des statues furent produits en série, dont une décore aujourd’hui la façade de la grotte bréalaise. Les dizaines de statues et décorations religieuses achetées par des paroisses en Bretagne témoignent également de sa réputation. L’entreprise était basée sur la fabrication industrielle en série de ses produits. Les statues existaient en plusieurs matériaux, dont la fonte de fer, « pouvant impunément braver » les variations et extrêmes météorologiques, selon une publicité. Il paraît que celle de Bréal était en fonte de fer. Les prix s’établissaient en fonction de la taille, du matériau et de la décoration plus ou moins riche de la statue. Ainsi fallait-il envisager une dépense 200 à 250 francs selon le décor.

2.4 Constructeurs et construction de la grotte bréalaise
Si le rôle l’essentiel selon le Livre de paroisse revient à la famille Mallet, le « rocher » a pu être réalisé avec le « le concours de la population de Bréal ». L’auteur anonyme de La Semaine religieuse même s’il réclamait la paternité de l’œuvre pour la famille Mallet, voire pour Jérôme Mallet, est reconnaissant de « l’habile direction d’un entrepreneur intelligent et chrétien » et du « concours généreux et désintéressé de toute la population ».
Les sources ne nous révèlent pas l’activité de cet entrepreneur. On pourrait penser au chef d’une carrière, d’une entreprise de maçonnerie, d’un roulier (transporteur) qui pouvait mettre à disposition des outils pour la mise en place des énormes blocs de pierre, peut-être aussi pour leur extraction et le transport.
Cependant, selon les auteurs de Un certain passé de Bréal, la pierre de la grotte « était souvent récupérée à fleur de sol ou tirée sans minage », « sans poudre » selon le texte Vie quotidienne, donc avec un outil à main comme la barre à mines. La phrase suivante suggère que la grotte a été construite dans un premier temps à pierres sèches, car à la suite d’« un éboulement, la grotte a été reconstruite au mortier ». Ces blocs très lourds furent transportés par des fermiers « à en casser les chariots ». Cet auteur voulant rester anonyme évoque effectivement « l’entremise de Monsieur …X », sans autre précision.

Des techniques facilitant la charge et le transport des blocs de pierre de plusieurs tonnes sont bien illustrées par un site internet spécialisé que l’on consultera avec profit (voir : ruedeslumieres.morkitu.org). Dans les carrières, on aménageait parfois des quais de chargement à partir desquels on pouvait glisser les blocs horizontalement sur le tablier d’une voiture. Mais ces quais n’étaient pas toujours disponibles et pas toujours pratiques, car il fallait y transporter les blocs avant le chargement. Ainsi, avec une autre méthode, pour charger des gros blocs sur le tombereau ou une charrette à deux roues, on basculait le véhicule en arrière et poussait le bloc grâce à un cric de carrière sur le tablier. Quand on utilisait un véhicule à quatre roues, un fardier par exemple, il, suffisait d’enlever les deux roues avant. Un tombereau à aiguille permettait l’attelage de deux animaux de trait, chevaux ou bœufs.

Beaucoup d’opérations s’effectuaient avec des outils à main. Ainsi, pour le débitage, on se servait d’une chante-perce. Le levage et le ripage à l’aide d’une pince de carrier ou d’une barre à mines permettaient le déplacement de blocs (voir : pierres-info.fr/anciens_outils/index.html).
La construction de la grotte de Lourdes à Buc-sur-Aff est en partie documentée par des photographies sur des cartes postales (voir : grottesdelourdes.loucrup65.fr/bruc.htm). Une photographie montre le transport sur des charrettes tirées par des bœufs, sur une autre on observe ce qui pourrait être une chèvre à quatre pieds ou poutres, montées au-dessus du chantier et pouvant servir au levage des blocs de pierre et leur mise en place. Il était possible aussi de construire une rampe en bois afin de monter les blocs grâce à un système de treuils et de cordes ou bien encore d’un cric à carrier.
Le résultat impressionnait la population, selon le témoin de la Semaine religieuse :
Le projet que la foi avait inspiré, un dévouement intelligent l’a accompli, et les populations étonnées ont vu des rochers énormes, amenés de distances considérables avec des peines inouïes, s’entasser à une hauteur surprenante et reproduire assez exactement l’image de la montagne et de la grotte Massabielle.
2.5 Les matériaux
Même un observateur non spécialisé constate la diversité des roches employés pour la construction de la grotte. Ce qui peu frapper, est l’absence ou presque de pierres pourpres si typiques pour les maisons au Pays pourpré. On en trouve quand même quelques unes, dans le socle devant la grotte, fait en poudingues dits de Montfort à matrice pourpre, sur lequel se dressait jadis la statue du Père Grignion de Montfort. Sinon, la grotte est constituée de blocs de roche dont la couleur varie entre gris, jaune, ocre et parfois brune foncée. Sans pouvoir déterminer avec exactitude la nature des roches utilisées, il est évident qu’elles ne peuvent pas provenir du même endroit. Le territoire de Bréal présente effectivement une certaine variété géologique.
Ce fait se confirme par des témoignages locaux. Ainsi, la grotte « a été construite avec les pierres provenant de la Hautière, du Chesnot, de la Rue et de la Rochelle ». Des anciennes carrières sont répertoriés à l’ouest des Mesnils et à la Rochelle, lieu-dit disparu au sud-ouest de Launay-la-Porte près de la Chèze, puis au nord des Petites Barres. Au moins une autre est encore visible dans la vallée du ruisseau de la Roche à proximité de la Hautière. Celle de la Vigne, n’a été ouverte qu’en 1992.
Bréal présente une histoire géologique assez longue allant du Briovérien, antérieur à 550 millions d’années, au début de l’Ordovicien entre 485 et 470 millions d’années. Ainsi, le territoire de la commune est divisé en deux grands ensembles géologiques. Cependant, toutes les roches bréalaises sont le résultat de dépôts sédimentaires, on n’y trouve pas, par exemple, des granites.

Au sud de la commune, au-dessus d’une ligne allant du Tertre à l’est jusqu’à la Menuais à l’ouest, se poursuivant vers le nord sur le territoire de Saint-Thurial et rejoignant Bréal à la Vigne dominent des roches de couleur pourpre, poudingues, schistes et grès apparus dans la période ordovicienne. Le socle de la statue disparue du Père Grignion de Montfort est constitué de poudingue dit de Montfort (o2P) que l’on observe sur le chemin descendant de la Hautière vers le ruisseau de la Roche, ainsi que dans son lit.
Dans la partie en-dessous et au nord de cette ligne le socle est constitué de roches briovériennes. Elles sont généralement de couleur grise, gris-verte, ocre ou brune. C’est principalement avec de grosses pierres de ce type de roche que la grotte semble avoir été construite.
Des blocs ressemblant au poudingue de Gourin, un conglomérat contenant des galets blancs de quartz dans un « ciment » de grès constituent une partie de la paroi intérieure de la grotte. Sur la façade, on observe de gros bloc gris veinés de quartz. Plusieurs petits blocs de couleur brune ressemblent à des roches altérées à couleur brune ou rouillée ont l’aspect de ferricrètes ou des silcrètes appelée aussi cailloux de Rennes. Ces derniers peuvent affleurer un peu partout sur le territoire de Bréal. Sinon, on observe de petits blocs de calcaire montrant de nombreuses petites cavités. Des gisements de calcaire sont connus dans des communes voisines à Saint-Thurial et dans la carrière des Rochelles à Monterfil.
3 Les motifs de la construction d’une grotte
3.1 La dévotion mariale au XIXe siècle
Le culte rendu à Marie remonte aux débuts de l’Église chrétienne quand Marie recevait le titre de Mère de Dieu. Ce culte a été ravivé au XVIIe siècle par des missionnaires bretons comme Michel le Nobletz ou Louis-Marie Grignion. Au cours du XIXe siècle le culte de la Vierge s’exprimait dans des fêtes et processions, la multiplication des textes où elle était célébrée dans le Cantique du diocèse de Rennes, l’introduction du mois de Marie avec des prières chaque soir du mois de mai etc. Le nom Marie fut fréquemment donné en deuxième ou troisième prénom, plus rarement en premier nom. A Bréal, sur la base d’un échantillon de 3 années, l’évolution semble à la baisse de 72 % d’enfants portant ce nom en 1859, à 62,5 % en 1876. Parfois, une fille fut prénommée Marie-Sainte.
Tableau 1: Le prénom Marie donné aux nouveaux nés à Bréal-sous-Montfort
| Année | Naissances | Filles | Garçons | ||
| 1er prénom | 2e ou 3e prénom | 1er prénom | 2e ou 3e prénom | ||
| 1859 | 69 | 7 | 17 | 26 | |
| 1865 | 56 | 4 | 16 | 1 | 18 |
| 1876 | 72 | 5 | 15 | 1 | 24 |
Les pèlerinages à La Peinière près de Vitré drainaient en 1870 une telle foule que la construction d’une basilique fut envisagée et réalisée à la fin du siècle. D’un point de vue de catholique fervent, l’abbé Henri Chasle retenait de la guerre de 1870 surtout la défaite humiliante, laissant de « profondes blessures à la France […] coupable sous bien de rapports ». Il y voyait l’origine de la multiplication des pèlerinages aux sanctuaires dédiés à Marie, La Salette, Pontmain et surtout Lourdes, car « on sentait partout le besoin d’apaiser la colère de Dieu ».
Sur le plan spirituel, des évolutions de la doctrine de l’Église devant mieux répondre aux attentes des croyants favorisaient cette tendance. Après la Révolution, il n’allait plus de soi que tout le monde soit croyant. Au début du XIXe siècle, le clergé se rétablissant rapidement enseignait une foi qui mettait en avant la crainte de Dieu, l’ascétisme, la pratique de la pénitence. Cependant, autour du milieu du siècle, une partie du clergé gagnait la conviction qu’il fallait faire plus attention aux expressions populaires de la foi. Cela se traduisait par exemple dans la fait qu’on préférait au Père devenant au reste le Bon Dieu son fils, le doux Jésus et la Passion, le Sacré-Coeur comme symbole de l’amour du Christ pour les hommes ou encore dans le culte de Marie, à la fois céleste, astre radieux, et Mère tendre, invoquée sous de nombreuses appellations, Reine du Ciel, Mère du Sauveur, Sainte Vierge, Notre Dame etc.
Le pape Pie IX proclama en 1854 le dogme de l’Immaculée Conception. Après 1858, une nouvelle venant de Lourdes se répandait en France. Bernadette Soubirous affirmait d’avoir perçu en cette année dans la grotte de Massabielle dix-huit apparitions de ce quelle appelait en occitan aquero « quelque chose » et décrivait comme une silhouette féminine, blanche et souriante. Un mois plus tard, le 25 mars, Aquero aurait prononcé la phrase Que soy ora Immaculada Councepciou « Je suis l’Immaculée Conception ».
Dès 1858, ce miracle attirait des milliers de personnes. L’évêque de Tarbes reconnut la réalité des apparitions en 1862. Des pèlerinages organisés par le diocèse de Rennes existaient depuis 1872. Pour participer au voyage en train organisé par le diocèse, on devait s’acquitter 60,60 fr en deuxième classe, 43,10 fr en troisième, le prix pouvait baisser de 5 et de 3 fr au cas où le seuil de 1 500 participants était atteint. Un wagon de première classe pouvait être ajouté à condition de trouver 24 voyageurs pour le compléter. Au milieu du siècle, un ouvrier pouvait compter sur un revenu annuel de 640 fr, un curé pouvait gagner 1 200 à 1 600 fr.
Quelques années plus tard, les premières grottes furent construites en Ille-et-Vilaine. Pour ceux qui ne pouvaient pas se permettre un voyage jusqu’à Lourdes, cela représentait une sorte de compensation. Les autres, « les pieux pèlerins » y pouvaient renouveler l’expérience de Massabielle. C’était peut-être le cas de la famille Mallet.
3.2 Ailleurs en Ille-et-Vilaine : des projets individuels et collectifs

La plupart de nos exemples ressemblent à la configuration bréalaise où l’initiative vient d’un individu, mais des exceptions où l’initiative de l’ensemble des paroissiens est plus caractérisée existent.
En prenant pour exemple d’autres grottes en Ille-et-Vilaine et les circonstances de leurs construction, on retrouve assez souvent ce cas de figure : un individu, généralement un notable, médecin, un noble, et plus souvent le curé prennent l’initiative. Dans certains cas, la fortune de l’initiateur seule suffisait pour engager un entrepreneur qui exécutait les travaux dans leurs propriétés, comme en 1879 à la Potelais à Coglès (aujourd’hui les Portes-du-Coglais) et en 1898 à la Gouesnière, où le bienfaiteur, un noble, était aussi maire de la commune. On y associait chaque foi une chapelle, permettant d’y accueillir des pèlerinages.
A Paimpont et à Marpiré en 1884, les moteurs du projet étaient les curés de ces lieux, faisant tous les deux appel au même rocailleur nantais réputé. Le curé de Paimpont, qui bénéficiait pour son projet du don d’une habitante fortunée, exhortait « du haut de la chair » les paroissiens à participer, pendant trois ans, à l’aménagement du terrain autour de la grotte. A Marpiré, les habitants participaient aux travaux. A Bruc-sur-Aff, c’est le testament de sa tante, une religieuse guérie d’un cancer, dotant la paroisse d’une somme d’argent pour l’édification d’un sanctuaire de la sainte Vierge, qui obligeait le curé à le réaliser avec le concours des paroissiens. A Bains-sur-Oust, le vicaire prit une telle initiative en 1902, et c’était « grâce à la bonne volonté et le dévouement des paroissiens » que le projet vit le jour.
L’initiative pouvait prendre un caractère plus collectif par exemple dans le cas de Saint-Suliac. Son sanctuaire dédié à Notre-Dame de Grinfollet (ou Grainfollet), tantôt désigné comme grotte, tantôt comme oratoire, était motivé par un vœu collectif des marins du village prononcé avant la campagne de pêche de Terre Neuve de 1893 : Si « tous les Suliaçais revenaient au port, un sanctuaire serait bâti ». Les marins suivaient ainsi une proposition du prieur. Le terrain fut donné ; sa construction et le transport des matériaux furent « l’œuvre de tous » et « la statue de la Vierge [fut] achetée par la souscription de tous ». A Billé, une motivation collective mêlant la politique à la religion conduisit à la mise en place d’une grotte abritant une pieta, (sculpture représentant la Vierge en deuil tenant sur ses genoux le corps de son fils descendu de la croix). Elle devait commémorer les protestations de 1907 contre le retrait d’un crucifix dans l’école communale par l’administration, pourtant vite rétabli. A ce moment, la commune était déjà affublé du sobriquet de Billé-les-Mouches depuis que les paroissiens rassemblés dans l’église en 1906 avaient lancé une ruchée d’abeilles sur les receveurs de l’administration venus pour faire l’inventaire des biens en vertu de loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 (A Bréal en 1906, l’agent fut enfermé dans l’église par un ou des paroissiens).
Plusieurs de ces grottes avaient cependant une vocation universelle, dans la mesure où elle devenaient des lieux de pèlerinage d’importance locale, comme Marpiré, ou régionale, par exemple la Potelais à Coglès, la Gouesnière, Paimpont ou encore Bruc-sur-Aff.
3.3 Un voyage à Lourdes inspirait le projet de la grotte bréalaise
Rappelons que la réputation de la grotte de Massabielle à Lourdes comme « symbole de la présence de la Vierge sur Terre » repose surtout sur l’espoir de la guérison d’une maladie ou d’un mal-être, de la réparation d’un handicap. En 1862, les sept premières guérisons dites miraculeuses furent reconnues par l’évêque de Tarbes (soixante-six jusqu’en 2008). On comptait parmi les pèlerins un nombre croissant de malades, une cinquantaine en 1875, 366 en 1877. De nombreuses personnes ont revendiqué « des grâces corporelles ou morales obtenues au sanctuaire, disparitions inexpliquées de pathologies graves ou conversions intérieures ».
La motivation pour l’édification de grottes dédiées à Marie résidait dans l’expérience d’une guérison attribuée à l’intercession de la Vierge. Ensuite, ces lieux étaient fréquentés dans l’espoir d’une guérison, d’une consolation, de la protection d’un proche ou de soi-même ou bien par gratitude.
C’est ce que l’on retrouve aussi dans des récits concernant les grottes mariales en Ille-et-Vilaine. Le curé de Marpiré en 1884 tenait à remercier Notre-Dame-de-la-Salette de sa guérison d’une bronchite. L’épouse d’un médecin à Coglès promettait l’édification d’une chapelle et d’une grotte sur la propriété du couple si elle était guérie de sa maladie, ce qui fut fait en 1879. A la Gouesnière, une situation similaire s’était produite. Une sœur religieuse guérie d’un cancer léguait en 1909 à la paroisse de Bruc-sur-Aff une somme d’argent destinée à l’érection d’une grotte. Parce que la commune de Saint-Malon-sur-Mel eut été épargnée des bombardements alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, que la présence d’une garnison allemande fit craindre, le curé voulait exprimer sa gratitude auprès de la Vierge. L’oratoire de Saint-Suliac exprimait la gratitude pour une campagne de pèche heureuse. Un motif fondé sur un conflit entre paroissiens fervents et l’État laïque a fait agir les habitants de Billé, comme nous avons vu plus haut.
A Montauban-de-Bretagne, un an avant l’inauguration de celle de Bréal, la raison invoquée était seulement de « reproduire la grotte miraculeuse », peut-être pour en obtenir les effets bénéfiques pour l santé.
En ce qui concerne Bréal, l’auteur bréalais qui s’exprime début septembre 1876 dans La Semaine religieuse formule une idée similaire. Il avait manifestement une connaissance intime des convictions et motivations de Jérôme Mallet et de sa famille, ce qui soutient encore une fois l’idée que l’auteur de la lettre et le notaire sont la même personne. D’après un article récent du BréalMag, la grotte a été « réalisée à la fin du XIXème siècle, sur un terrain privé au cœur du bourg, par des bréalais de retour d’un pèlerinage à Lourdes ». Nous savons que ce terrain privé appartenait à Jérôme Mallet. La lettre de 1876, évoque en effet son pèlerinage quand il exprime les émotions qui l’envahissent, plus précisément son alter ego, à la découverte de la grotte bréalaise le jour de son inauguration : « le souvenir de ces pieux et lointains voyages que n’oublient point ceux qui ont le bonheur d’y prendre part ».
Dans cette lettre, l’auteur revient aussi sur des motivations plus précises l’amenant à proposer le projet d’une grotte à Bréal. A l’opposé de la majorité des exemples cités plus haut, il ne s’agit pas, pour lui, d’exprimer sa gratitude pour la guérison d’un proche ou de lui-même. Il ne conçoit pas non plus la grotte comme un lieu de consolation, mais comme un moyen pour consolider la foi des paroissiens.
A la fin de sa lettre, l’auteur précise ses attentes en distinguant sa personne (ou son alter ego) de la « paroisse ». Quant à la première, il exprime l’espoir d’une récompense « au centuple » en contrepartie de son initiative pour la grotte, pour la seconde, il souhaite vivement qu’elle ressente « la protection » de la Vierge :
Il n’est pas possible que la Vierge puissante tant honorée aujourd’hui ne récompense pas au centuple le chrétien fervent qui a trouvé dans son cœur assez de foi pour concevoir une entreprise aussi hardie, et dans son courage assez de zèle et de générosité pour la réaliser ; il n’est pas possible, que la paroisse qui s’est associée à son œuvre avec un si unanime empressement ne ressente pas les effets de la protection de Celle qui ne s’est jamais laissée vaincre en générosité et en amour.
En d’autres termes, on comprend que l’auteur était sûr de sa propre foi en tant que « chrétien fervent » et juge impossible de ne pas en être récompensé pour « son œuvre ». Envers les paroissiens, il exprime justement l’espoir que « son œuvre », donc celui du « bon chrétien », fasse l’effet d’une consolidation, voire du rétablissement de la foi.
A début de sa lettre, l’auteur précise les pensées qui lui sont apparemment venus à l’occasion de sa visite de la grotte de Massabielle à Lourdes quelque temps avant. Il y explique les raisons pourquoi la Vierge, selon lui, a fait son apparition dans ce lieu :
Marie avait voulu inonder de ses bienfaits le Midi de notre France et se poser devant notre frontière comme une forteresse inexpugnable, pour en protéger les abords ; pourquoi ne pas la contraindre à ouvrir à une autre extrémité de la France une nouvelle source de grâces ? Pourquoi ne pas lui élever un trône du haut duquel elle veillerait à la garde et à la défense de ses enfants de la Bretagne ?
Apparemment, l’auteur pensait que la protection de la Vierge a pu épargner à la France des calamités venant de l’autre côté de la frontière au sud de la France, donc depuis l’Espagne. A cette époque, ce pays était effectivement secoué par des révolutions répétées. La monarchie des Bourbons fut chassée en 1868, rétablie en 1874 après la chute d’une république éphémère. Le pouvoir du clergé vacillait à un moment, mais se vit consolidé avec le rétablissement de la monarchie. L’apparition de mouvements ouvriers socialistes et anarchistes avait cependant aussi des effets anti-cléricaux dans la société. De manière générale, la société espagnole se modernisait. D’autre part, comme en France, de nouvelles formes de piété, plus individualistes s’exprimaient dans la dévotion du Sacré-Cœur et de la Vierge.
Le motif de l’auteur, ne réside-t-il pas plutôt dans l’ambition de consolider la foi au moins dans sa région natale, d’assurer « la défense de ses [ceux de la Vierge] enfants de la Bretagne » ?
Contre qui faut-il se défendre en Bretagne ? L’auteur parle du « démon irrité à la vue des efforts tentés pour honorer » Marie, qui « avait multiplié et reproduit sous toutes les formes les difficultés de toute nature » qui ne pouvaient cependant pas empêcher l’achèvement des travaux.
Ces formules un peu énigmatiques se comprennent à la lumière des textes que Jérôme Mallet avait écrit quelques années auparavant en 1863 et et 1870. Ces dates correspondent à deux moments où l’ancien maire de Bréal vit des situations difficiles, où des forces politiques qui lui sont opposées le mirent en échec. En 1863, il fut révoqué de sa fonction de maire, parce qu’il refusait de soutenir le candidat officiel, promu par le gouvernement. En 1870, il s’offusquait du spectacle de quelques jeunes bréalais qui fêtaient la victoire républicaine aux municipales. Le Second Empire (1858-1870) de Naploéon III, était un régime autoritaire mais qui préservait un certain nombre d’acquis de la Révolution de 1789, comme notamment la suprématie de l’État et de ses lois sur l’Église et ses règles. Jérôme Mallet qui se comptait parmi « les gens les plus honorables, les plus honnêtes » appartenant aux « classes élevées » ne souffrait pas « la défiance contre le clergé » ou l’idée d’« émanciper les maires et le pouvoir municipal de l’influence cléricale ». Ces idées en plus de ses liens avec des journaux comme Le Journal des Villes et des Campagnes et L’Univers permettent de le ranger politiquement parmi les légitimistes, qui souhaitaient le retour d’un régime monarchique où les règles de l’Église devaient régir la vie sociale.
A Bréal, Jérôme Mallet avait donc repéré en 1863 une « phalange d’ennemis », dont notamment « un instituteur athée », celui qui l’aurait dénoncé auprès des autorités. Sept ans plus tard, la victoire républicaine était pour ce notaire la faute du suffrage universel (masculin) autorisant « le concours des cabarets » bréalais, lieux où évoluaient des gens « sans principes politiques, sans patriotisme, sans nul soin des intérêts d’une commune ». Il y associait le maire, Joseph Perret, son remplaçant en 1863, resté jusqu’en 1874, ainsi que le fils de celui-ci, récepteur-buraliste. Ce qui a dû heurter, voire blesser le notaire, était la rumeur, en 1870, qui reprochait au clergé et aux légitimistes de saboter l’effort de guerre de la France au profit des Prussiens. Cette reproche était effectivement infondée. Sans connaître les détails de ce conflit à Bréal, on peut supposer que des tendances anti-cléricales, ce qui ne signifie pas anti-religieuses, existaient dans cette commune. Les habitants de la commune n’étaient donc peut-être pas totalement identiques aux membres de la paroisse.
Les allusions à caractère combative, prosélyte que formule Un de vos abonnés, deviennent encore plus plausibles à la lumière du sermon du R. P. Daniel, de l’ordre des Carmes, lors de la cérémonie de la bénédiction. Afin d’élucider aux paroissiens le sens de la mise en place de la grotte, ce prêtre racontait les exploits du « Thaumaturge de Néocésarée ». C’est le surnom de Grégoire, évêque de Néocésarée (l’actuel Niksar en Turquie), ou il était né vers 213, et mort en 272. Ce Grégoire est célèbre pour deux raisons. D’une part, il était réputé d’accomplir des guérisons miraculeuses (thaumaturge), d’autre part, investi comme évêque de la ville païenne de Néocésarée, il réussit à christianiser cette ville en substituant des fêtes à l’honneur des martyrs chrétiens aux cultes païens. Donc, dans les termes d’Un de vos abonnées, il recula « les montagnes pour édifier un temple à la gloire du vrai Dieu ».
L’Abonné décrit aussi dans le détail la bannière « acquise à l’aide d’offrandes spontanées de quelques âmes généreuses ». Sur la face postérieure, de gros caractères désignent l’Archidiocèse de Rennes, puis la date de l’inauguration, ainsi que son lieu, Bréal. Mais l’auteur insiste dans sa description sur la devise Auxilium Christianorum ora pro nobis « [Marie] Secours des chrétiens, prie pour nous », écrite en toute petites lettres dans un médaillon au centre de l’écusson symbolisant le Christ. La fête du patronage de Marie remontant à un temps ancien, c’est le pape Pie V en 1572 qui rattacha l’invocation Auxilium Christianorum à ses litanies (longues prières). Effectivement, le 7 octobre 1571, à l’issue de la bataille de Lepante (l’ancien nom de Naupacte, Grèce), la flotte chrétienne avait remporté la victoire sur la flotte turque musulmane. Le pape institua donc pour le 7 octobre la fête de Notre-Dame de la Victoire qui fut transformée par son successeur, Grégoire XIII, en fête de Notre-Dame du Rosaire. La récitation du rosaire à son ntour remonte au XIIIe siècle et le combat de l’Église contre l’hérésie albigeoise (« cathare »). Plus tard, le pape Pie VII, captif de Napoléon depuis 1809 à Fontainebleau, attribua sa libération en 1814 à la protection de Marie et institua la fête de Notre-Dame Auxiliatrice célébrée le 24 mai.

Il est cependant impossible de dire à quel degré cette vision des choses du notable bréalais était comprise et partagée par les Bréalais, paroissiens ou pas, ou bien par les nombreux « étrangers » et des « membres du clergé voisin » assistant à la cérémonie. Politiquement parlant, les Bréalais votèrent en 1874 et en 1881 pour une majorité de « réactionnaires » décriée par les libéraux ou de « conservateurs » saluée par les légitimistes. Le maire, le vicomte Olivier du Boberil fut nommé par le préfet en 1874, élu par le conseil municipal en 1881, en fonction de l’évolution des lois. Jérôme Mallet était conseiller municipal pendant ces deux mandats, avant de quitter Bréal pour Rennes où il décéda en 1889. Auparavant, fin 1870, il participait en tant que « membre des plus imposés » à une réunion avec le conseil municipal afin de décider des aides pour les gardes nationaux mobilisés dans le guerre contre la Prusse et ses alliés. A l’échelon du département d’Ille-et-Vilaine, les tendances républicaines dominaient, alors que la Bretagne des cinq départements dans son ensemble restait encore acquise aux partis proches du cléricalisme.
4 La grotte, un des centres de la vie religieuse à Bréal
4.1 L’inauguration et la bénédiction de la grotte
Le témoignage publié dans La semaine religieuse illustre à la fois le déroulement de la cérémonie de la bénédiction de la grotte ainsi que l’enthousiasme et la ferveur de l’auteur que partageaient, selon l’auteur, les paroissiens. La cérémonie était honorée par la présence, parmi d’autres, d’un haut représentant du diocèse de Rennes, le chanoine Desnos, vicaire général honoraire de Mgr Godefroy Brossay-Saint-Marc, l’évêque, puis l’archevêque de Rennes et cardinal depuis 1875, ainsi que du Révérend Père Daniel, de l’ordre des Carmes. Un chœur de jeunes femmes et hommes, la psallette de Montauban-de-Bretagne, ainsi que des habitants et des curés des communes des environs étaient présents également. Voici le récit de la cérémonie abrégé, le texte complet est disponible dans les annexes :
A l’issue de l’office chanté en musique par la psallette de Montauban, alternant avec la jeunesse de Bréal, la procession grossie par une affluence considérable d’étrangers et par la présence de nombreux membres du clergé voisin, s’est acheminée vers le monument distant de trois ou quatre cents mètres. Sur le parcours, des arbres disposés avec symétrie formaient une avenue de verdure ; ça et là, à l’entrée, des statuettes décorées avec goût rappelaient l’héroïne de la fête, pendant que des oriflammes aux couleurs variées se balançaient dans les airs depuis le sommet de la tour jusqu’aux plus modestes toits. Parmi les insignes déployés au milieu des rangs, un surtout fixait tous les regards. C’était la bannière de N.-D. de Lourdes portée par les jeunes filles en écharpes bleues. […] Tout près du rocher, un arc-de-triomphe d’un goût parfait dressait son ogive élancée et ses légers cachetons revêtus de mousse. Les prières liturgiques de la bénédiction terminées, l’Ave Maria des pèlerins s’est fait entendre, […]
Quelques heures plus tard, le tableau avait changé. De chaque anfractuosité du rocher, de chaque repli de la pierre, de chaque branche d’arbre, des rayons de lumière partaient et se réunissaient comme pour rappeler le jour disparu. Le monogramme de la Vierge apparaissait en caractères lumineux, pendant qu’une couronne de feu entourait son front. La petite cité avait voulu s’illuminer tout entière, et aux fenêtres des plus humbles maisons s’apercevait, resplendissante de lumière, la statue de Celle que l’Église appelle l’astre du matin, et dont la tête est couronnée d’étoiles. De temps à autre, des chants tour à tour vifs et entraînants, puis graves et recueillis venaient interrompre le silence de la nuit et réveiller dans le cœurs les plus pures et les plus douces émotions.
4.2 Les processions et autres pratiques des Bréalais
Trente-cinq ans après la construction de la grotte, la procession à l’occasion de la fête de l’Assomption était devenue une tradition. Elle se déroulait après les Vêpres (office à la tombée du jour) entre l’église et la grotte. On attribuait désormais à la statue de Notre-Dame de Lourdes « la préservation de graves dommages causés ailleurs et même tout près de nous par la foudre et la grêle ». Pour remercier la « sainte Vierge de sa puissante protection », les paroissiens étaient invités à assister « plus nombreux que jamais à la procession du 15 août ». Une édition de 1921 du Bulletin paroissial nous livre une description de cette procession :
La statue de la Sainte Vierge était portée sur un beau brancard par ses congréganistes. Dix petits enfants habillés de blanc, couronnés de roses marchaient à ses côtés portant un oriflamme à la main. Les enfants des écoles [privées] avec leurs croix et bannières ouvraient la marche et une foule compacte d’hommes et de femmes suivait le célébrant. Nos jeunes filles chantèrent les louanges de la, Sainte Vierge durant toute la procession et à chacun des trônes élevés à notre bonne Mère du Ciel.
Jusqu’au début des années 1960. plusieurs processions dans l’année avaient la grotte comme but : la Communion solennelle à la Pentecôte, la Fête Dieu soixante jours après Pâques et l’Assomption, le 15 août. A la Fête Dieu, on fit participer les écoles privées, harmonie de Bréal. Un dais, sous lequel marchait le curé était porté par quatre personnes.
Au préalable, les voies du parcours étaient décorées. Après avoir saupoudré les rues de sciure de bois, on déposait des fleurs dessus. A trois endroits, aux reposoirs constitués d’estrades décorées furent installés. C’est ici que la procession s’arrêtait pour la prière et pour faire entendre des chants. Une énorme bannière était porté par trois jeunes hommes de 20 ans, des conscrits de l’année. L’un tenait la hampe, deux autres des cordes afin de stabiliser la bannière et de l’empêcher de flotter dans le vent.
La grotte est devenue une propriété de la commune qui y a aménagé un jardin fleuri, dont elle assure l’entretien. Dans le passé, des habitants avaient scellé des plaques votives à l’intérieur de la grotte sur la paroi pour la commémoration d’un proche, ou bien pour remercier Notre-Dame de Lourdes ou le Bienheureux Grignion de Montfort. Certains de ces ex-voto gardent le souvenir d’un soldat disparu lors de la Première Guerre mondiale. Des petits pots de fleurs y sont encore régulièrement posés, des bougies allumés.






5 Une statue pour le Père de Montfort, missionnaire de la dévotion mariale



Une statue représentant le Bienheureux Père ou Grignion de Montfort ornait jadis le jardin devant la grotte. Même si aucun document l’atteste, il est probable qu’elle a été installée après la béatification de Louis-Marie Grignion le 22 janvier 1888. On ne sait cependant quand et pourquoi elle a disparu. La nature des blocs de pierre, le poudingue de Montfort de couleur pourpre, se distingue nettement des blocs de roche utilisés pour la grotte qui ne contient pas ce type de roche. Cet indice opte pour une date plus tardive de l’installation de cette statue. Une carte postale éditée par Edmond Mary-Rousselière entre 1899 et 1912 montre la grotte sans la statue et son socle. La carte dont le sujet est la statue du père Grignion seul a été publiée par ce même éditeur. Celui-ci a cessé son activité en 1919. Son fonds de cartes postales a été racheté alors par Alexandre Lamiré, qui a créé le cliché de la carte postale sur laquelle on aperçoit la grotte et la statue.1 Cette chronologie, ainsi que les ex-voto commémorant des disparus de la Première Guerre mondiale, plaident pour une date de la mise en place de la statue après la Première Guerre mondiale. Le deuil des morts était peut-être accompagné d’un regain de la dévotion vouée à la Vierge, dont on espérait une consolation. C’est aussi en 1919 que le Conseil municipal décida de l’installation du monument aux morts devant la façade sud de l’église.
En 1921, le Bulletin paroissial l’évoque et rappelle aux fidèles son rôle, à savoir d’inviter les fidèles à aimer bien la Vierge, d’être « ses serviteurs, ses esclaves » afin d’être sauvés.
Marie-Louis Grignion, parfois Grignon, né à Montfort-sur-Meu en 1673 et mort à Saint-Laurent-sur-Sèvre en 1716, fut un des missionnaires qui, à l’instar de Michel Le Nobletz (1577-1653), tentaient de faire pénétrer la réforme catholique dans l’Ouest de la France. Louis-Marie Grignion n’était actif en Bretagne que pendant la période de 1706 jusqu’à son décès en 1716. A Montfort, il ne passa que quelques mois en 1707-1708, vivant à l’écart de la ville, dans l’ermitage de Saint-Lazare. Il la quittait pour exercer sa prédication dans les diocèses de Nantes et de La Rochelle où il mourut.
Ces missions étaient centrées sur la campagne et ciblaient d’avantage les populations pas ou peu lettrées. Le but était de « renouveler l’esprit du christianisme dans les chrétiens ». Dans cette perspective Marie-Louis Grignion était le « vulgarisateur » à même d’habiller les principes théoriques de la réforme dans des mots simples. Le catéchisme, l’enseignement de la foi, diffusé lors d’un sermon aboutissait à la confession générale suivie d’une procession. Les missionnaires liaient également la parole aux images de piété, feuilles volantes, gravures, petits livres. Louis-Marie Grignion centrait ses missions sur le renouvellement des vœux du baptême. Pour les missionnaires, il s’agissait aussi de « détourner du monde », à savoir de la danse, des spectacles représentant des mystères, du jeux de cartes et surtout du cabaret, lieu d’ivrognerie, mais aussi de la parole moins contrôlée favorisant l’esprit « républicain ». Un concile provincial à Poitiers en 1868 a souligné l’engagement de Louis-Marie Grignion pour « l’amour de la Croix et de la Très-Sainte-Vierge » en se servant comme objets de prédication d’un Crucifix et d’un Rosaire.
Le souvenir de Marie-Louis Grignion s’était estompé au cours des siècles suivants, même à Montfort. C’est avec sa béatification en 1888, il devient alors le Bienheureux Père de Montfort, que la ferveur envers ce personnage vit son âge d’or. La Semaine religieuse du Diocèse de Rennes consacre de nombreux articles dans les éditions entre février et août 1888 à cette personne ainsi qu’aux célébrations de sa béatification. Un Triduum, une fête de trois jours, eut lieu à Montfort-sur-Meu et à l’ermitage de Saint-Lazare en présence de nombreux prélats, curés et d’autres religieux, et bien sûr des paroisses des campagnes des environs. Des trains furent affrétés pour transporter des fidèles à Montfort.
Quel lien pouvait-il exister entre Bréal et le Bienheureux Père de Montfort qui expliquerait la mise en place de sa statue probablement en ou après 1888 ?
Il paraît que le pape aurait enjoint à Louis-Marie de Grignion au moment où il devait commencer ses missions de combattre aussi « l’hérésie du jansénisme ». Ce courant du catholicisme défendait une tendance très rigoriste prétendant que l’homme, radicalement mauvais, ne peut être sauvé que par la grâce de Dieu, qui n’est accordé qu’à un petit nombre d’élus. Cela excluait par exemple de se racheter d’un péché par un don, une bonne œuvre ou l’absolution accordée après la confession. Ce courant religieux, qui avait du succès surtout dans les élites aristocratiques mais aussi de l’Église, fut condamné par le roi dès 1649, en partie par le pape en 1653 et définitivement en 1705.
Or, l’évêque de Saint-Malo, Mgr Desmaretz, favorisa ouvertement les jansénistes présents dans sa ville et s’opposa au père Grignion de Montfort venu prêcher dans son diocèse en 1707. Ce dernier envisageait de faire ériger un calvaire pour graver dans les cœurs « l’amour d’un Dieu crucifié ». L’évêque convoqua le missionnaire dans une salle paroissiale en présence du recteur de Bréal de 1698 à 1742, Henri Hindré afin de lui interdire de continuer à prêcher dans son diocèse. Le recteur de Bréal considérant cet interdit comme une injustice, invita le père Montfort de faire une mission à Bréal, à la Toussaint de 1707.
Un deuxième lien, plus indirect et plutôt spéculatif est établi par Gabriel Deshayes, fondateur en 1807 de la congrégation Sœurs de l’Instruction Chrétienne, appelées plus tard Sœurs de Saint Gildas. A l’ouverture d’une école de filles en 1828 à Bréal, un ami de Gabriel Deshayes, le curé de la paroisse de 1812 à 1830, Olivier Guillaume, y fit venir plusieurs sœurs de cette congrégation en tant qu’enseignantes. Gabriel Deshayes était originaire de Beignon. Pendant la Révolution, il s’est exilé en Angleterre, mais était revenu en 1792 pour exercer son ministère clandestinement entre autres au Verger, à Saint-Thurial, à Baulon, à Treffendel et à Talensac. Peu avant le Concordat de 1801, il était installé à Paimpont, mais devait fuir en 1803 « l’opposition » populaire de cette paroisse bleue, dont la population acceptait la Révolution et ses conséquences, contrairement aux blancs, et est retourné à Beignon.
Des religieuses de cette congrégation enseignaient à Bréal pendant tout le XIXe siècle jusqu’à la dispersion des congrégations en 1903. Or, Gabriel Deshayes fut nommé en 1820 Supérieur Général d’une congrégation fondée par Louis-Marie Grignion de Montfort, les Frères du Saint-Esprit, que Deshayes scinda en deux congrégations différentes. C’est sous l’impulsion de Gabriel Deshayes aussi que le culte de Louis-Marie Grignion de Montfort se développa à partir des années 1820. Ainsi, ne paraît-il pas impossible que la vénération du père Grignion a été transmise par les sœurs aux Bréalais. Mais un document qui le prouve n’est pas connu.
6 Annexes
6.1 Correspondance de Jérôme Mallet : révocation en tant que maire en 1863
Sous le Second Empire (1858-1870) de Napoléon III, les maires des petites communes comme celle de Bréal-sous-Montfort étaient nommés par le préfet, qui pouvait les choisir au sein du conseil municipal ou en dehors de celui-ci. C’était apparemment le cas Jérôme Mallet. Ce système était maintenu au début de la IIIe République avec la différence que le maire devait être membre du conseil. Seulement à partir des municipales de 1881, le maire était élu par le conseil. Jérôme Mallet, nommé en 1855, fut révoqué en 1863.
Le droit de vote universel masculin a été rétabli en 1852, mais pour obtenir une majorité favorable à l’empereur et son gouvernement dans le Corps législatif (assemblée des députés), le régime installait des « candidats officiels » qui étaient privilégiés de plusieurs manières. Entre autres, l’administration fit appel à des personnes investies d’une fonction publique pour exercer une influence sur les électeurs de leur commune, par exemple en leur distribuant le bulletin de vote du candidat officiel etc.
Jérôme Mallet évoque à la fin de son texte son « bien honorable et bien digne confrère Duclos ». Il s’agit en effet d’Edouard Jean Marie Duclos député du Corps législatif de la 4e circonscription d’Ille-et-Vilaine de 1852 à 1863 et notaire à Rennes. Remportant les élections de 1852 avec 70 % des votes des inscrits, en 1857 avec 95 %, il fut battu aux élections du 4 juin 1863 avec 39 %. Il s’était présenté sur la liste de l’évêque de Rennes, Mgr Brossay-Saint-Marc, et fut battu par le libéral et bonapartiste Armand Gaultier de la Guistière, futur maire de Rennes (1867-1870). Ces élections constituaient une défaite pour l’’évêque qui désormais ne fut plus suivi par une majorité de catholiques du département. Les candidats de l’évêque furent mis en échec dans tous les cantons de l’arrondissement de Montfort, sauf un, celui de Montauban. C’est à partir de cette date que le camp du clergé associé aux légitimistes était définitivement minoritaire face aux libéraux et conservateurs dans le département.
Cette correspondance reproduite par Jules Ferry dans son ouvrage La lutte électorale en 1863, a été initialement adressée par Jérôme Mallet au Journal des villes et des campagnes qui la publia. Si cette correspondance date d’après le 26 mai 1863, Jules Ferry ne précise pas la date quand elle fut publiée au journal. Ce journal paraissant entre 1815 et 1895 était une feuille légitimiste et ultramontaine cherchant à satisfaire à la fois une audience urbaine et rurale.
| VI Action exercée sur les maires gardes champêtres, instituteurs, débitants, jeunes soldats etc. N. 79. On écrit de Bréal (Ille-et-Vilaine), au Journal des Villes et des Campagnes : Monsieur le directeur, Le 26 mai dernier, je reçus de M. le préfet la lettre suivante : « Rennes, 26 mai 1863 « Monsieur le maire, « Il résulte des renseignements qui me parviennent, que mon administration ne pourrait pas compter sur votre concours à l’occasion des élections. « Je serais heureux, monsieur le maire, de recevoir de vous l’assurance que ces renseignements sont sans fondement. « Recevez, monsieur le maire, l’assurance de ma considération distinguée. « Le préfet d’Ille-et-Vilaine « Signé : P. Féart » Je répondis immédiatement à M. le préfet : « Monsieur le préfet, « Par votre dépêche de ce jour, vous me dites qu’il résulte des renseignements qui vous parviennent, que votre administration ne peut compter sur mon concours à l’occasion des élections, et que vous seriez heureux de recevoir de moi l’assurance que ces renseignements sont sans fondement. « Monsieur le préfet, ne pouvant, dans une lettre, entrer dans les détails que je pourrais vous donner de vive voix, je renvoie ces bruits à leurs auteurs. « Lorsqu’il y a huit ans, l’administration, faisant appel à mon dévouement, vint m’offrir les pénibles fonctions du maire, j’acceptai difficilement, parce que, outre ma qualité de notaire, que vous comprenez facilement, in convenait à la nature de mon caractère de rester indépendant de toute fonction politique. Toutefois, investi de ces fonctions et sous influence de mon serment, serment que je ne regarde point comme une vaine formule, j’ai cru devoir prêter, en toutes circonstance, mon concours à l’administration, parce qu’en effet elle n’a exigé de moi jusqu’ici et ne saurait exiger rien qui blessât ma dignité et ma conscience. « Mais vous le savez, monsieur le préfet, c’est dans les circonstances actuelles que s’assouvissent les petites rancunes. « Quoi qu’il en soit, malgré cette petite phalange d’ennemis, je n’en resterai pas moins jusqu’au bout de mon devoir, à mon honneur et à ma conscience d’homme et de citoyen. Je resterai calme au milieu des évènements qui m’attendent, et j’aurai toujours pour consolation de n’avoir pas, par un zèle exagéré, compromis ni trahi personne. « Agréez, monsieur le Préfet, l’hommage de mon profond respect. » Ma suspension a été la réponse à cette lettre ; or, je déclare et j’atteste que, si je n’ai pas adressé à M. le préfet, conforment à ses désirs, des rapports confidentiels sur les menées des partis légitimiste et républicains, comme aussi sur les démarches du clergé, je n’ai pas, néanmoins, distribué un seul bulletin de vote pour le triomphe de mon bien honorable et bien digne confrère Duclos, ni dit à qui que ce soit de ne point voter pour le candidat du Gouvernement. J’ai donc complètement obéi aux prescriptions de Son Excellence M. le ministre de l’Intérieur. Loin de moi de faire remonter à l’Empereur ces actes arbitraires. Les flatteurs sont les pires ennemis des gouvernements. On cherche aujourd’hui à rendre suspects les gens les plus honorables, les plus honnêtes, à susciter contre les classes élevées des haines et des rancunes, à exciter la défiance contre le clergé… Cela s’appelle « émanciper les maires et le pouvoir municipal de l’influence cléricale. » Mais Dieu sera pour nous !… Agréez, monsieur le directeur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués. Mallet |
6.2 Lettre de Jérôme Mallet au journal L’Univers en 1870
La lettre datée du 26 août 1870 et publiée le, 5 septembre, a été rédigée au moment où la situation politique de la France basculait. A la suite de l’affaire de la dépêche d’Ems et la déclaration de la guerre par Napoléon III, les troupes prussiennes alliées à celles des autres États allemands avaient remporté plusieurs victoires lors des batailles à l’est de la France.Début septembre la France subit la défaite à Sédan qui conduisit à la chute de l’Empire à la proclamation de la IIIe République le 4 septembre.
Les légitimistes espérèrent au début de cette guerre que la Prusse protestante fût défaite, rappelant ainsi l’Autriche catholique au premier plan de la scène européenne, afin de faciliter la renaissance d’une France fondée sur le patriotisme et la foi en Dieu. Cela n’empêchait pas que selon Jérôme Mallet une rumeur courait selon laquelle le clergé et les légitimistes furent accusés d’œuvrer pour la Prusse et la défaite de la France. Dès le 1er septembre plusieurs journaux, dont Le Journal des Villes et des Campagnes(légitimiste) reproduirent cette reproche ainsi que le récit des évènements que Jérôme Mallet décrit ci-après.Plus tard, en novembre et décembre 1870, Jérôme Mallet ainsi que d’autres « membres des plus imposés » allait siéger dans une réunion commune avec le Conseil municipal qui devait délibérer d’un soutien financier des gardes nationaux mobilisés sur le front.
Des élections municipales furent organisées malgré tout le 6août. L’ancien et nouveau maire, Joseph Perret, fut nommé et installé avec le Conseil municipal sur la base d’un décret du gouvernement de la République daté du 20 septembre 1870.
Fondé en 1833 puis suspendu en 1860, L’Univers réapparaît sous le Second Empire, toujours sous la direction du même homme, Louis Veuillot. Au début de la Troisième République, il est le journal catholique le plus lu en France. Ultramontain et farouchement conservateur, le titre affiche le plus grand mépris pour les républicains, de même que pour les catholiques libéraux.
| L’Univers du 5 septembre 1870, p. 2 Les agents de désordre qui, sans soulever aucune protestation ni d’aucun député ni d’aucune feuille conservatrice ou libérale, ont répandu dès le début de la guerre tant de calomnies contre le clergé et les cléricaux, ont agi avec succès jusqu’en Bretagne. La lettre suivante fait foi : Monsieur le rédacteur, Si des bruits répandus dans nos campagnes, même dans notre paisible Bretagne, étaient des bruits isolés, purement personnels, je les passerais sous silence ; mais lorsqu’on les voit prendre de plus en plus de l’extension, on ne saurais douter que ceux qui en sont les propagateurs obéissent à un mot d’ordre. Je viens donc, monsieur le rédacteur, les dénoncer à la réprobation de tous ceux qui ont une conscience honnête. On profite du deuil de la patrie pour semer la division dans les esprits, raviver les rancunes, exciter les passions populaires et préparer le pillage, le cas échéant. Dans la commune de Bréal-sous-Montfort, les élections municipales ont été l’occasion de scènes semblables à celles qui eurent lieu en 1863 ; tel sera toujours le résultat du suffrage universel, ayant pour agents l’autocratie des maires et le concours des cabarets. En 1863, on concevait encore les scènes par ma destitution de maire de la commune, dénoncé que j’avais été à l’administration préfectorale, par un instituteur athée, comme ne me conformant pas assez aux trop célèbres circulaires de M. Féart, le type de préfets à poigne. Mais qui eût pu penser, après sept ans, que j’eusse dû être de nouveau le point de mire de ces gens qui, sans principes politiques, sans patriotisme, sans nul soin des intérêts d’une commune, ne craignent pas d’exploiter le mensonge et la calomnie pour frapper d’ostracisme des citoyens paisibles et nuire à leur considération ? Ainsi donc,monsieur le rédacteur, après mille déblatérations calomnieuses et méchantes répandues à profusion, avant, pendant et après les élections, dans les dix-neuf cabarets et cafés actuellement existant dans la commune (et dont j’ai été déclaré l’ennemi acharné), tant sur moi que sur les hommes les plus honorables, les plus dévoués au pays, on est venu, après le résultat proclamé du scrutin, vociférer et crier à ma porte : « Vive M. le maire ! A bas M… ! A bas les nobles ! A bas les chouans ! » Pendant la nuit, une escouade d’hommes et de jeunes gens, précédés du drapeau de la mairie et d’une branche de laurier, comme signe d’une victoire remportée sur les prêtres et les nobles, ont parcouru le bourg et les environs, hurlant comme des bêtes fauves et faisant toujours entendre leur cri de ralliement. Remarquez, en passant, que le maire habite au centre du bourg et que son fils, buraliste, faisait partie de la bande. Je tairais, M. le rédacteur, de pareils attentats à l’ordre et à la liberté des citoyens, si ces excès n’avaient pas été renouvelées depuis et ne répondaient pas aux bruits incendiaires, répandus dans nos campagnes, sans doute pour préparer un nouveau 93 et désigner les honnêtes gens, sans distinction de parti, à la fureur populaire. Ainsi, le jour même de l’Assomption, jour dans lequel on célébrait la fête de l’Auxiliatrice des chrétiens, une compagnie de jeunes gens, le tambour de la commune en tête, les uns portant des sabres, les autres des haches, un grand nombre des bâtons, ont donné, au milieu de notre population religieuse cependant, une de ces représentations qui eût plus sa raison d’être à l’inauguration de la statue de Voltaire, à Paris. On va même, et je n’exagère rien, jusqu’à faire entendre les mots de pillage et d’incendie aux oreilles de ces jeunes gens, si cruellement arrachés par la nécessité de la guerre des bras de leur famille, et qui brisant pour la plupart une position ou une carrière acquise par bien des sacrifices, s’en vont courageusement offrir leur sang à la patrie en danger. Mais ce n’est pas tout, Monsieur le rédacteur, ce sont les prêtres et les nobles, dit-on, qui ont trahi notre armée et ont été la cause de nos premiers revers ; toutes les quêtes qui se font dans nos églises,le linge et la charpie que l’on envoie à l’archevêché, les prières mêmes que l’ion adresse à Dieu, dans ces temps des épreuves et des calamités publiques, sont autant d’offrandes ou d’holocaustes en faveur de l’armée prussienne ; et pour ce qui concerne cette commune, j’entasse dans des charniers les centaines de mille francs qui me sont envoyées par M. le vicomte du B… et par M. le vicomte de St-M…, puis, j’expédie ces charniers à l’armée prussienne, après en avoir soigneusement déguisé le contenu par une couche de lard. Et de nos bonnes gens, des meilleurs et des plus dévots, d’ajouter foi à de semblables absurdités. C’est bien le cas de dire : « Mentons, mentons toujours, il en restera quelque chose. » Je ne m’étonne pas que nos docteurs et nos philosophes en sabots disent que les lumières sont aujourd’hui tellement répandues, que nos bonnes gens ne sont plus aussi crédules qu’autrefois. Assurément, si nous progressons de cette manière, il ne sera pas nécessaire de rendre l’instruction obligatoire, mais il importera de multiplier les maisons d’aliénés. Voilà les faits, monsieur le rédacteur, dont nous sommes les tristes témoins, et tout cela se passe au vu et au su de l’autorité, et sans qu’elle s’occupe de réprimer ces scènes et de découvrir les auteurs de bruits aussi calomnieux. Le moment est, assurément, mal choisi pour exciter les citoyens les uns contre les autres, et ceux-là qui préparent la guerre civile sont des ennemis beaucoup plus redoutables que les Prussiens. Veuillez agréer, monsieur le rédacteur, l’assurance de mes sentiments bien distingués, Mallet, notaire Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine), 26 août. |
6.3 Articles dans La semaine religieuse du diocèse de Rennes en 1876
6.3.1 L’annonce de la bénédiction du rocher de la Vierge à Bréal
La semaine religieuse du diocèse de Rennes, n° 42 du 19 août 1876, p. 662-663 :
| Le dimanche du 27 août, fête du Très-Saint Cœur de Marie, aura lieu, en la paroisse de Bréal-sous-Montfort, la bénédiction solennelle du rocher, élevé, dans le bourg de cette paroisse, en l’honneur de la Vierge Immaculée et que doit décorer une belle statue de Notre-Dame de Lourdes, sortie de la maison Raffl, de Paris. Après les Vêpres, on se rendra processionnellement à la grotte où s’accomplira la cérémonie de la bénédiction, qui sera suivie d’un Serment et du chant des cantiques. Le soir, illumination. |
6.3.2 Récit anonyme : bénédiction de la grotte et circonstances de son édification
La semaine religieuse du diocèse de Rennes, n° 44 du 2 septembre 1876, p. 697-699
| Bénédiction d’une statue de N. D. de Lourdes à Bréal Bréal-sous-Montfort, 30 août 1876 Monsieur le Directeur, Tout ce qui touche à l’honneur de la T.-Ste Vierge ne saurait être accueilli qu’avec faveur par vos religieux lecteurs, aussi ils ne pourront manquer d’apprendre avec bonheur la manifestation dont la paroisse de Bréal-sous-Montfort a été dimanche dernier l’organisateur et l’heureux témoin. Il y a quelques années, le spectacle des merveilles opérées à Lourdes, des faveurs que la Vierge Immaculée y prodigue et des hommages que le peuple catholique lui rend dans ce sanctuaire aimé, fit naître dans le cœur d’un habitant de Bréal une pensée de foi et de pieuse confiance. Marie avait voulu inonder de ses bienfaits le Midi de notre France et se poser devant notre frontière comme une forteresse inexpugnable, pour en protéger les abords ; pourquoi ne pas la contraindre à ouvrir à une autre extrémité de la France une nouvelle source de grâces ? Pourquoi ne pas lui élever un trône du haut duquel elle veillerait à la garde et à la défense de ses enfants de la Bretagne ? Le projet que la foi avait inspiré, un dévouement intelligent l’a accompli, et les populations étonnées ont vu des rochers énormes, amenés de distances considérables avec des peines inouïes, s’entasser à une hauteur surprenante et reproduire assez exactement l’image de la montagne et de la grotte Massabielle. Les obstacles n’avaient pas manqué cependant : le démon irrité à la vue des efforts tentés pour honorer sa victorieuse et perpétuelle adversaire avait multiplié et reproduit sous toutes les formes les difficultés de toute nature. Malgré lui, la montagne destinée à servir de piédestal à la Mère de Dieu a comme surgi de la terre, elle a grandi, elle a pris sa forme et ses proportions définitives, grâce au zèle persévérant de la famille qui en avait conçu l’idée, grâce à l’habile direction d’un entrepreneur intelligent et chrétien, grâce au concours généreux et désintéressé de toute la population. Une inauguration solennelle devait consacrer et récompenser ce beau travail, et la fête du très-pur Cœur de Marie avait été choisie comme le jour le plus convenable pour cette solennité. A la Grand’Messe, célébrée par M. le chanoine Desnos, vicaire-général, avec une pompe et une précision dans les cérémonies, que l’on trouve rarement dans nos campagnes, le R. P. Daniel, de l’ordre des Carmes, a interprété avec talent devant ses nombreux et sympathiques auditeurs, le sens de l’acte religieux dont ils allaient bientôt contempler le couronnement. Il a rappelé avec à propos l’illustre Thaumaturge de Néocésarée, reculant les montagnes pour édifier un temple à la gloire du vrai Dieu. Aux Vêpres, une gracieuse surprise nous était réservée. La paroisse de Montauban, enrichie elle déjà d’un rocher et d’une statue de N.-D. de Lourdes, avait voulu fraterniser avec Bréal et avait délégué un chœur choisi d’hommes et de jeunes filles. Nous avons été heureux d’admirer la fraîcheur et la justesse des voix, l’ensemble et la précision qui présidaient à l’exécution des divers morceaux de chant. A l’issue de l’office chanté en musique par la psallette de Montauban, alternant avec la jeunesse de Bréal, la procession grossie par une affluence considérable d’étrangers et par la présence de nombreux membres du clergé voisin, s’est acheminée vers le monument distant de trois ou quatre cents mètres. Sur le parcours, des arbres disposés avec symétrie formaient une avenue de verdure ; ça et là, à l’entrée, des statuettes décorées avec goût rappelaient l’héroïne de la fête, pendant que des oriflammes aux couleurs variées se balançaient dans les airs depuis le sommet de la tour jusqu’aux plus modestes toits. Parmi les insignes déployés au milieu des rangs, un surtout fixait tous les regards. C’était la bannière de N.-D. de Lourdes portée par les jeunes filles en écharpes bleues. Cette bannière, acquise à l’aide d’offrandes spontanées de quelques âmes généreuses, présente à la une de ses faces, sur fond blanc, encadrée dans un ovale de soie bleue, la Vierge de Lourdes au dessin à la fois riche et élégant ; sur l’autre face, un écusson surmonté de la couronne royale et flanqué des attributs du Chef de l’Église, porte les armes de Marie avec la devise : Auxilium Christianorum, ora pro nobis. Tout près du rocher, un arc-de-triomphe d’un goût parfait dressait son ogive élancée et ses légers cachetons revêtus de mousse. Les prières liturgiques de la bénédiction terminées, l’Ave Maria des pèlerins s’est fait entendre, et cette mélodie si simple et si entraînante rappelait instinctivement le souvenir de ces pieux et lointains voyages que n’oublient point ceux qui ont le bonheur d’y prendre part, et qui sont si bien entrés dans nos mœurs et dans nos affections. C’est alors que l’orateur du matin a repris la parole. Dans un langage animé et empreint de la plus vive piété, l’éloquent religieux a développé chaleureusement les motifs de confiance en la bonté et la puissance de Marie, et ses accents émus ont réveillé dans toutes les âmes des échos qui ne s’éteindront pas de sitôt. Quelques heures plus tard, le tableau avait changé. De chaque anfractuosité du rocher, de chaque repli de la pierre, de chaque branche d’arbre, des rayons de lumière partaient et se réunissaient comme pour rappeler le jour disparu. Le monogramme de la Vierge apparaissait en caractères lumineux, pendant qu’une couronne de feu entourait son front. La petite cité avait voulu s’illuminer tout entière, et aux fenêtres des plus humbles maisons s’apercevait, resplendissante de lumière, la statue de Celle que l’Église appelle l’astre du matin, et dont la tête est couronnée d’étoiles. De temps à autre, des chants tour à tour vifs et entraînants, puis graves et recueillis venaient interrompre le silence de la nuit et réveiller dans le cœurs les plus pures et les plus douces émotions. Et chaque spectateur, en quittant à regret le théâtre de la fête, se disait : Il n’est pas possible que la Vierge puissante tant honorée aujourd’hui ne récompense pas au centuple le chrétien fervent qui a trouvé dans son cœur assez de foi pour concevoir une entreprise aussi hardie, et dans son courage assez de zèle et de générosité pour la réaliser ; il n’est pas possible, que la paroisse qui s’est associée à son œuvre avec un si unanime empressement ne ressente pas les effets de la protection de Celle qui ne s’est jamais laissée vaincre en générosité et en amour. Un de vos abonnés. |
7 Bibliographie et sources
7.1 Ouvrages et articles
- AUPEST-CONDUCHE, Dominique, DEVAILLY, Guy, POCQUET DU HAUT-JUSSE, B.A. et. al., Histoire religieuse de la Bretagne, Chambray-lès-Tours, CLD, 1980, 395 p.
- BATTAS, Henri, Saint-Suliac. Précis historique, s.l., s.n. , 1956, 44 p.
- BAUDU, Chanoine F., Les origines de la Congrégation des sœurs de l’Instruction chrétienne de Saint-Gildas-des-Bois : la fondation et les fondateurs, 1807-1842, Vannes, Lafolye et Lamarzelle, 1948, 639 p.
- CARMINATI, Pauline, Le Paradis en boutique, Rennes, Presses universitaires de Rennes [édition en ligne], 2004, 364 p., https://doi.org/10.4000/books.pur.196246
- CHASLE, Henri, Le culte de la sainte Vierge dans le diocèse de Rennes pendant le XIXe siècle, Rennes, L. Bahon-Rault, 1911, 47 p., https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5923115p, rééd. de ~, « Le culte de la sainte Vierge dans le diocèse de Rennes pendant le XIXe siècle ». In : Revue de Bretagne et de Vendée, Tomes 45 à 46 , Tome XLV, 8e série, 11e année, janvier/février, 1911, p. 65-112, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453848q/f63.item
- COUET, Marie-Emmanuelle, « Mgr Desmaretz – Seigneur-Évèque de Saint-Malo (1702-1739) : du jansénisme à l’orthodoxie ». In : Histoire, économie et société, 18ᵉ année, n°3, 1999, p. 467-487, https://doi.org/10.3406/hes.1999.2045
- DENIS, Michel, GESLIN, Claude, La Bretagne des Blancs et des Bleus 1815-1880, Rennes, Editions Ouest France, 2003, 719 p.
- D.S.B. (Salésiens de Don Bosco), Histoire moderne. Cours complet d’études à l’usage des maisons d’éducation par une communauté religieuse, Paris et Lyon, Bourguet-Calas et Briday, 1882, XII-667 p., https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9799524x
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- GERVY, l’abbé Louis, « Un grand pèlerinage et un charmant pays ». In : Revue de Bretagbne et de Vendée, Tome 37, 1907, p. 344-370, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453840p/f342.item
- GESLIN, Claude, SAINCLIVIER, Jacqueline, La Bretagne dans l’ombre de la IIIe République (1880-1936), Rennes, Ouest-France Université, 2005, 678 p.
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- GOALLOU, Henri, « L’évolution politique de l’Ille-et-Vilaine du 2 décembre 1851 au 5 janvier 1879 ». In : Annales de Bretagne, Tome 79, n° 2, 1972, p. 508-515, https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1972_num_79_2_2645_t1_0508_0000_1
- GOALLOU, Henri (Henri Fréville, dir. de thèse), L’évolution politique du département d’Ille-et-Vilaine du 2.12.1851 au 5.1.1879, Rennes, s.n., 1971, 5 vol., dactylographié
- GUILLOTIN DE CORSON, Amédée, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, Vol. 3, Rennes, Fougeray, 1880-1886, 699 p., https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m?rk=107296;4
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- GUILLOUX, Raymond et auteurs anonymes, « Un certain passé de Bréal ». In : La Feuille, bi-centenaire de la Révolution, [1989], p. 1-20
- LAGREE, Michel, Religion et cultures en Bretagne. 1850-1950, Paris, Fayard, 1992, 601 p.
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- LEBRUN, Françoise, La puissance et la guerre. 1661-1715, Paris, Seuil, 1997, 312 p.
- LEFEUVRE, Aimé, PETRY, Julien, La Vie à Saint Suliac avant 1914 : en Haute Bretagne, au bord de la Rance, Dinard, Danclau, 1989, 140 p.
- LEMAITRE, Nicole, QUINSON, Marie-Thérèse, SOT, Véronique, Dictionnaire culturel du christianisme, Paris, Nathan, 1994, 633 p.
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- PLESSIS, Alain, De la fête impériale au mur des fédérés, 1852-1871, Paris, Seuil, 1973, 256 p.
- Retronews. Le site de presse de la BnF, https://www.retronews.fr/
- ROBERT, Adolphe, BOURLOTON, Edgar, COUGNY, Gaston (dir.), Dictionnaire des Parlementaires Français comprenant tous les membres des Assemblées Françaises et tous les Ministres Français depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889. Tome II : CAY-FES, Paris, Bourloton, 1890, 640 p., https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1130410
- ROBERT, Adolphe, BOURLOTON, Edgar, COUGNY, Gaston (dir.), Dictionnaire des Parlementaires Français comprenant tous les membres des Assemblées Françaises et tous les Ministres Français depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889. Tome III : FES-LAV, Paris, Bourloton, 1891, 640 p., https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75998n
- SBALCHIERO, Patrick, Apparitions à Lourdes. Bernadette Soubirous et les miracles de la Grotte, Paris, Presses du Châtelet, 2008, 233p.
- SCHMIDT, Peer, (éd.), Kleine Geschichte Spaniens (Petite histoire de l’Espagne), Stuttgart, Reclam, 2004, 555 p.
- STIERNON, Daniel « Bulletin de théologie mariale byzantine. » In : Revue des études byzantines, tome 17, 1959. pp. 201-250, https://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1959_num_17_1_1211.
7.2 Archives consultées, collections privées, sources non-publiées
- Archives départementales d’Ille-et-Vilaine
- Archives municipales de Bréal-sous-Montfort
- Collection Gérard Brière
- Collection Michel Bohuon
- Collection Roger Berhault/Marianne Even
- Un Bréalais autochtone, Autrefois, le vieux Bréal, Bréal-sous-Montfort, reçu en mairie le 20 janvier 2026, 2026, 2 p. dactylographiées
7.3 Sites internet
- Bains sur Oust (site communal), https://www.bainssuroust.fr/patrimoine-1/
- Billé-les-mouches, https://billelesmouches.eu/
- Collection du Musée de Bretagne, http://www.collections.musee-bretagne.fr/
- Écomusée du Pays de Montfort, http://ecomuseepaysmontfort.free.fr/index.html
- IGN (Institut national de l’information géographique et forestière), https://www.geoportail.gouv.fr/
- Infoterre – BRGM, http://infoterre.brgm.fr/
- Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne, https://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/
- Lithothèque : atlas des roches de Bretagne, https://www.siges.fr/fr/mon-territoire/bretagne/lithotheque-atlas-des-roches-de-bretagne
- Ökumenisches Heiligenlexikon [Lexique oecuménique des saints], https://www.heiligenlexikon.de/
- Service de consultation du plan cadastral, https://www.cadastre.gouv.fr/scpc/accueil.do
- Sœurs de l’Instruction chrétienne de Saint-Gildas-les-Bois, https://soeurs-de-stgildas-nantes.cef.fr/?page_id=92
- Survivance de l’art pariétal (Société de Recherches Spéléo-Archéologiques du Sorézois et du Revélois – Société d’Histoire de Revel Saint-Ferréol ), http://www.lauragais-patrimoine.fr/PATRIMOINE/SURVIVANCE-ART-PARIETAL/SURVIVANCE-ART-PARIETAL.html
7.4 Périodiques
- BréalMag, 2017-, https://www.brealsousmontfort.fr/ma-ville/vie-administrative/publications/
- Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, 1861-1999, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb343832231/date&rk=128756;0
- Bulletin paroissial du canton de Plélan (Archives diocésaines de Rennes)
- Journal des Villes et des Campagnes, 1842-1895, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32800617d/date
- L’Ouest-Eclair, 1899-1944, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32830550k/date&rk=21459;2
- L’Univers, 1867-1919, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34520232c/date&rk=21459;2
- La Dépêche bretonne, 1899-1944, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327559179/date
- La Gazette de France, 1848-1915 [accès payant], https://www.retronews.fr/journaux/gazette-de-france-1848-1915
- La Guienne, 1831-1887, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32785378g/date
- La Semaine religieuse du Diocèse de Rennes, 1864-1954
- Le Français. Journal du soir, 1831-1887, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32785378g/date
- Le Temps, 1861-1942 (accès payant), https://www.retronews.fr/journaux/temps
- Ouest France, , https://www.ouest-france.fr/