Du printemps jusqu’au début de l’été, l’élévation moyenne des températures dans notre région favorise le développement des chenilles processionnaires du pin et du chêne.
Leurs poils urticants peuvent être dangereux pour la santé des être humains et des animaux (démangeaisons, problèmes respiratoires, ophtalmologiques, cardiaques, neurologiques, chocs anaphylactiques…).
Qu’est-ce qu’une chenille processionnaire ?
Les chenilles processionnaires sont les larves des papillons de nuit.
Vivant en colonies, les chenilles processionnaires du chêne séjournent dans des nids. Elles en sortent généralement en fin de journée, en procession, pour se nourrir.
Les chenilles processionnaires du pin, quant à elles, descendent de l’arbre en procession pour s’enfouir dans le sol en attendant de se transformer en papillon.
Quels sont les risques ?
Les effets sanitaires des chenilles processionnaires du chêne notamment sont nombreux. Les personnes peuvent être en contact direct ou indirect ; les poils (soies urticantes) pouvant être transportés par le vent,
s’accrocher aux tissus (peau, muqueuses, vêtements) et provoquer des réactions chez l’être humain
et les animaux, avec des réactions plus ou moins virulentes selon la sensibilité.
- Contact avec la peau : apparition dans les 8 heures de rougeurs, ou éruptions cutanées
pouvant être douloureuses ou entrainer de sévères démangeaisons. La réaction se fait sur les
parties découvertes de la peau et entre autres les poignets, les avant-bras, les mains, le visage
et le cou. - Contact avec les yeux : développement après 1 à 4 heures d’une conjonctivite (yeux rouges,
douloureux et larmoyants). Si les poils migrent vers les structures oculaires, les lésions peuvent
être graves voire, dans de rares cas, évoluer vers la cécité. - Contact par inhalation : irritation des voies respiratoires qui se manifeste de façon bénigne
par des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir. Les inflammations aiguës
peuvent provoquer des difficultés respiratoires. - Contact par ingestion : inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins, qui s’accompagne de symptômes tels que de l’hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales.
Les animaux domestiques, notamment les chiens, peuvent également être affectés après un contact avec les chenilles ou leurs nids.
Consignes de prévention
Afin de limiter les risques d’exposition, il est recommandé de :
• ne jamais toucher les chenilles, les nids ou les cocons ;
• éviter de stationner ou de pique-niquer sous les arbres infestés ;
• surveiller particulièrement les jeunes enfants à proximité des zones concernées ;
• tenir les animaux domestiques éloignés des secteurs infestés ;
• porter des vêtements couvrants lors d’activités à proximité des arbres concernés ;
• ne pas tenter de détruire soi-même les nids ou les chenilles.
En cas d’exposition :
• prendre une douche et changer de vêtements rapidement ;
Il ne faut pas frotter les lésions pour éviter de casser les poils invisibles présents.
• rincer abondamment les yeux en cas de contact ;
Consulter un ophtalmologue.
• consulter un médecin en cas de symptômes importants ou persistants ;
• contacter rapidement un vétérinaire si un animal présente des signes d’atteinte.
Une gestion collective indispensable
La lutte contre la chenille processionnaire du chêne repose sur des actions coordonnées menées par les collectivités et les professionnels spécialisés. Les interventions peuvent notamment inclure la destruction des nids, la suppression des pontes ou la mise en oeuvre de traitements biologiques adaptés.
Le traitement insecticide des chenilles doit systématiquement être couplé à une solution d’élimination, comme le brûlage par exemple. Ces interventions doivent être réalisées par des professionnels et en l’absence de toute personne non protégée.
La lutte individuelle est généralement peu efficace face à ce type d’infestation et doit être évitée sans équipement ni compétence spécifique.
Signaler un foyer
L’ARS Bretagne invite les habitants à signaler toute présence suspecte de chenilles processionnaires du chêne sur le site de la FREDON Bretagne : https://alertespeces.fredon-bretagne.com/
Ces signalements contribuent à la détection précoce des foyers et à l’organisation des actions de gestion.